
mercredi 22 juin 2011
L'impossible cinéma surréaliste

10 films musicaux

Pour contribuer à la fête de la musique du camarade de My Screens, voici mon top 10 des films musicaux (au sens large). J'ai l'impression que le résultat n'est pas très punk...
jeudi 26 mai 2011
Midnight in Paris - La machine à remonter le temps et à ramollir le tempo

mardi 24 mai 2011
Tree of life - le monde quand nous n'étions pas là

mercredi 20 avril 2011
vendredi 8 avril 2011
True Grit

lundi 21 mars 2011
Génie de Pixar, de Hervé Aubron

lundi 14 mars 2011
Qui a peur de Tamara Drew?
La chronique sur KINOKmardi 22 février 2011
Je suis schizo mais je me swan
lundi 14 février 2011
Be Bad (sois mauvais)

Chronique publiée chez KINOK
Miguel Arteta voudrait que son film tienne debout grâce à son acteur principal, Michael Cerra. Vous connaissez probablement le bonhomme, c’est l’ado géniteur de Juno, l’ado supergrave de Superbad et le super-ado de Scott Pilgrim. Il est devenu, dans le cinéma américain, l’archétype de l’adolescent qu’on aime bien : loser comme il faut, sensible comme une fillette et opportunément cultivé. Son secret ? Une silhouette fluette, les cheveux d’un Harpo Marx qui serait allé chez le coiffeur et surtout un timbre de voix très spécial, à la fois doux et haut perché. Bref, l’adolescent moyen plus plus, tel que fantasmé par les filles, et donc par les garçons.
Le principe de Be Bad (Youth in revolt en VO) repose sur le travestissement de cette toute récente icône. Nous connaissions le jeune homme résigné et plein d’autodérision : son double Nick Twisp sera un mâle à l’ancienne, un dandy qui fume et qui jure. On imagine que son double et lui sont censés représenter les deux faces de la masculinité moderne. Spontanée, presque efféminée d’un côté – old-school et violente de l’autre. Malgré l’inanité de cet argument principal – nouvelle rêverie vintage comme il s’en fait aujourd’hui tous les jours au cinéma – on pouvait espérer des gags et des développements qu’ils soient au moins dignes d’un teen movie de base. Mais même pas.
Non seulement Be Bad est d’une extraordinaire vacuité, mais tout ce qui est vaguement entrepris, timidement esquissé ou mollement déroulé dans cette longue heure et demie l’est avec un tel manque de conviction qu’on se demande bien vers quoi le réalisateur voulait nous emmener – ou même s’il y avait bien quelqu’un aux commandes.
Mais pour être parfaitement honnête, c’est surtout le jeu en sourdine de Michale Cera qui déteint sur l’ensemble du film, et empêche la comédie de tirer partie de l’idée d’origine, pourtant simplissime. Le tiède dédoublement du jeune homme n’est pas crédible pour un sous et ne fait que tamiser l’ensemble d’un flou très peu artistique. Tout est désamorcé, avec Michael Cera, tout est réduit à un stade puéril. Le moindre rebondissement devient une contine, le moindre plan un gribouillis d’enfant. Qu’on ne s’y trompe pas : la régression n’est pas ici propice à l’émerveillement, elle ne sert qu’à créer de l’informe, de l’immature – de l’amorphe.
dimanche 13 février 2011
Le goût de l'invisible - Au-delà, de Clint Eastwood

lundi 7 février 2011
Corps et décors du roi

mardi 18 janvier 2011
Les mots tout choses des Marx Brothers

Le scoop n’est probablement pas très frais, mais ça reste une petite découverte personnelle : les Marx Brothers ont inventé le burlesque parlant. Mesurons un peu le paradoxe : dans les pochades marxiennes, le burlesque – art muet par excellence – est saturé de paroles. Le langage du corps devient prétexte à torturer le corps du langage. Si un Chaplin (par exemple) est muet, c’est que ses plans parlent d’eux-mêmes. L’astuce des frères Marx est de faire précisément que les plans ne puissent plus parler d’eux-mêmes. La parole n’est pas là pour expliciter, mais au contraire pour rendre toute situation équivoque. Il y aura toujours un Groucho pour venir compliquer de ses jeux de mots les situations les plus simples. Le comble étant bien sûr que cette complication de la parole soit une merveilleuse manière de broyer le sens pour y laisser germer l’action pure, anarchique, muette comme Harpo!
dimanche 9 janvier 2011
Le Celluloïd sans le marbre - Faites le mur, de Banksy

vendredi 31 décembre 2010
2010: mon abécédaire de dix lexiques
Des Hommes et des dieux, de Xavier Beauvois
Fantastic Mr Fox, de Wes Anderson
Ghostwriter, de Roman Polanski
Shutter Island, de Martin Scorsese
Toy Story 3, de Lee Unkrich
Tsar, de Pavel louguine
lundi 27 décembre 2010
City Girl, de Murnau - Le bonheur n'est pas dans le pré

L'Aurore - Mirages de la ville

L'Aurore est le premier film américain de Murnau, et c'est aussi celui où l'expressionnisme du cinéaste allemand est portée à son degré essentiel. C'est en se jouant de la lumière qu'il fait miroiter les illusions et reluire les sentiments. L'amour ressemble, dans l'oeil de Murnau, à un questionnement existentiel et photographique sur la présence et l'absence de l'autre ou de soi-même.
L'amour en surimpression L'Aurore est hanté d'emblée par le combat entre les lumières de la ville et l'austérité de la campagne. Première incarnation de la sophistication urbaine : le personnage de la brune qui vient semer la discorde dans l'honnête couple. Ses vêtements, sa coupe de cheveux, son corps – sa danse endiablée qui appelle à l'image le tourbillon de la ville – sont une infiltration du désordre moderne dans la campagne traditionnelle et paisible. Tout nous mène vers une opposition nette et puritaine entre le sobre, le vrai – le bonheur –, et le clinquant, le fake – la discorde.
Cette opposition moralisante est pourtant bientôt contournée, le noeud des sentiments déplacé : pour le paysan torturé que nous suivons, l'amour adultère est une certaine manière de s'absenter. Physiquement – dans sa petite escapade avec son amante –, mais surtout, et à tout instant, mentalement. L'usage de la surimpression, absolument essentiel dans ce film, n'est qu'une manière parmi d'autres de mettre en question la présence réelle du personnage dans le plan. Plus de place pour le présent, à tous les sens du terme, notre paysan est coincé entre ce qu'il a été – flashback mettant en scène un couple heureux – et ce qu'il voudrait être – lumière de la ville et étreinte de la vamp, en surimpression.
Aimer et être aimé A partir de cette situation, tout le génie de Murnau sera de détourner la question morale, de faire des sentiments conjugaux de notre personnage une affaire esthétique et existentielle. Quand il esquisse le geste meurtrier, c'est la présence véritable de sa femme qui s'impose à lui comme une évidence du regard et de la chair. Et c'est tout le beau paradoxe de cette Aurore, que ce geste, puis cette poursuite, nous mène tout naturellement de cette obscurité lourde vers les lumières et les vapeurs de la ville. Place, dès lors, au dialogue fertile de l'amour renouvelé, entre l'être et les aspirations, entre la réalité et l'émerveillement.
L'amour, dans l'Aurore, est littéralement photographique : il a beau reproduire la réalité, il se nourrit de rêve, de lumière, de changements de plan et d'arrière-plan – comme notre couple, chez le photographe de la ville, pose devant un fond bucolique. D'un coup, l'ivresse et les tourbillons de la ville ne sont plus vecteurs de chaos, la surimpression n'est plus une fuite, mais forme l'étoffe de l'instant présent, fait les sentiments plus profonds et plus aériens. Les lumières de la ville ne sont plus sources d'équivoque et d'ubiquité, elles donnent au contraire à la vie un lieu précis et un horizon déterminé – un plan et une profondeur de champ.
L'aurore en question est bien sûre religieuse : l'instant de vérité, l'angoisse du forfait à commettre, l'imploration de l'épouse et bientôt le renoncement, résonnent au son des cloches comme un acte de contrition. Cette aurore est le mouvement d'amour qui renouvelle toute chose, amène d'une main invisible les êtres à la présence et les libère du règne de la pesanteur. En cela, l'aurore de Murnau ressemble aussi beaucoup au cinéma.
dimanche 5 décembre 2010
Les Petits cauchemars de la bonne conscience

lundi 29 novembre 2010
Le Monde sur le fil, de Fassbinder


