samedi 13 octobre 2018

Cyrano au pays des teen movie netflix


Trois comédies romantiques sorties sur Netflix à la rentrée partent de la même idée de machination amoureuse. Dans Petits coups montés, deux employés arrangent une histoire d'amour entre leurs boss respectifs. Dans A tous les garçons que j'ai aimés, une jeune fille se trouve entrainée malgré elle dans une relation simulée avec le beau gosse du lycée. Et dans Sierra Burgess is a loser, une lycéenne complexée joue les Cyrano en entretenant une relation téléphonique où elle se fait passer pour une autre, plus populaire qu'elle.

Il y a, dans les trois cas, une comédie dans la comédie. Et des dispositifs censés apporter au genre une nouvelle fraicheur. On attend le transfert d'une strate de mise en scène à l'autre : que ceux qui ont fomenté le coup monté soient pris à leur propre piège, que ceux qui font semblant d'être un couple se découvrent amoureux, et que la Cyrano par texto gagne véritablement le coeur de Roxane. Mais alors que tout cela a lieu, on est surtout marqué par des personnages hyper-conscients d'eux-mêmes, grignotés par la théâtralité ambiante : les acteurs de Petits coups montés sonnent faux, ceux d'A tous les garçons ne savent que minauder.

Sierra Burgess is a loser sort du lot. D'une part en acceptant d'explorer jusqu'au bout les conséquences étrange ou problématiques de la machination, comme en témoigne cette scène bizarre où Sierra parvient à embrasser le garçon qu'elle aime alors qu'il ferme les yeux. D'autre part en déplaçant l'enjeu en cours de route, d'une histoire d'amour à une histoire d'amitié. 

mardi 23 janvier 2018

A propos de Jean Douchet, l'enfant agité


Un documentaire sur Jean Douchet, intitulé Jean Douchet, l'enfant agité, sort le 24 janvier au Reflet Médicis. Il est réalisé par Fabien Hagege, Guillaume Namur et Vincent Haasser (précision : je connais les deux premiers par Outsiders et le ciné-club Les Couleurs de la toile). 

Jean Douchet est depuis plusieurs décennies un incontournable de la vie cinéphile française. Mais justement pour cette raison, le pire hommage qu'on aurait pu lui rendre, c'est un documentaire officiel le transformant en monument. Evitant cet écueil, les réalisateurs donnent à leur film une forme épousant la méthode Douchet, faite d'échanges avec les spectateurs, d'amour des films, et d'observation du mouvement de la vie. Trois principes que le documentaire intègre à un dispositif dont la précarité même interdit toute rigidité (le film a été tourné en plusieurs années, au gré des rencontres avec le maître et quelques uns de ses disciples). Quelque chose d'un film amateur, donc, mais au bon sens Douchet du terme (il est l'auteur d'un Art d'aimer) : des dialogues filmés tels quels, où sont visibles ceux qui posent les questions, mais toujours dans l'humble posture des commentateurs s'effaçant devant leur sujet. 

mercredi 3 janvier 2018

Top 2017

 

Du peu que j'ai vu au cinéma, voici cinq films qui sortent du lot en 2017 :

- Dunkerque, de Christopher Nolan
- The Edge of Seventeen, de Kelly Fremon Craig
- The Lost City of Z, de James Gray
- Certain Women, de Kelly Reichardt
- Coco, de Lee Unkrich et Adrian Molin

Décembre 2017 marque aussi les dix ans du blog. J’ai fait l’exercice, parfois cruel, de relire mes anciens articles en me demandant lesquels je garderais aujourd’hui. En voici quelques-uns :

- Sur La Belle de Moscou, de Rouben Mamoulian 
- Sur Le Cardinal, d’Otto Preminger
- Aaron Sorkin, le primat de l’éloquence (sur trois séries d’Aaron Sorkin)
- Une nouvelle enfance du regard (sur Tree of life, True Grit et Super 8)
- Hypnose, amour et comédies musicales