mardi 6 septembre 2011

La Guerre est déclarée, de Valérie Donzelli

Valérie Donzelli voudrait jouer sur tous les tableaux. Elle voudrait raconter une histoire poignante et personnelle qu'elle maquillerait comme une comédie tendrement pragmatique à la Domicile Conjugal, puis qu'elle entrecouperait de clips branchés et d'envolées spaghetti. Tout ceci serait insupportable si, comme par magie, le film ne finissait pas par retomber sur ses pattes(1).

C'est probablement que, dans le monde de Donzelli, tous ces procédés sonnent comme une langue natale. Celle avec laquelle, justement, les deux personnages du film affrontent la maladie de leur fils. Car le couple, formé dans le film par Valérie Donzelli et Jérémy Elkaïm, en passe par toutes les réactions possibles, réelles ou fantasmées, réalistes ou sublimées. L'explosion de joie après l'opération, le plan d'action imposé à toute la famille par les jeunes parents - toutes ces manières d'orchestrer l'existence pour survivre finissent par mêler intimement vie et mise en scène de la vie.

Poseur diront certains, le film de Valérie Donzelli est un objet brillant, qu'on ne sait pas par quel bout prendre. Et pourtant, le rythme si particulier qui soude l'ensemble, la force qui s'en dégage, ne peuvent qu'incliner à une forme d'enthousiasme.

(1) Vous avez bien lu "pattes" et non "pâtes" - aucun lien, donc, avec les spaghetti susmentionnés.

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