jeudi 29 mai 2014

Adieu au langage



De tous ses yeux la créature voit l’ouvert devant. 
Seuls nos yeux sont comme retournés et tout entiers posés autour d’elle comme pièges, cernant sa libre issue. 
Ce qui est au-dehors nous ne l’appréhendons seulement que par la face de l’animal ; car déjà dans la prime enfance nous nous détournons, 
et forcés, jusqu’à ne plus voir que l’envers des apparences, pas l’ouvert, qui est si profond dans le regard de l’animal. Libéré de la mort. 

Rainer Maria Rilke, Elégies de Duino, Huitième élégie

Aucun commentaire:

Publier un commentaire