lundi 26 août 2019

Ce qui résiste à l'Histoire


Au lieu de filmer 1969 comme un point de bascule, un moment historique, Tarantino s'attache au contraire à montrer ce qui s'obstine à rester tel quel quand tout s'accélère. Ce sont les rêves de western, la radio, ou les enseignes lumineuses de Los Angeles. Mais il serait faux de faire de Once upon a time... in Hollywood un énième caprice de Tarantino, une bulle enfantine dans laquelle tout serait conservé à l'identique. Le film parie plutôt sur l'histoire contre l'Histoire, le hasard contre la nécessité. Le révisionisme de Tarantino a évolué : il n'oppose plus, comme dans Inglorious basterds sa propre fatalité d'auteur à celle des événements historiques. Il s'agit cette fois de rendre vie à l'anecdotique (une maison hollywoodienne confondue avec une autre) comme ce qui n'est pas emporté par le fleuve de l'Histoire. Les personnages de Once upon a time... in Hollywood tiennent leur épaisseur de cette force d'inertie, et le film tient son émotion des ramifications qui lui font échapper à l'itinéraire attendu.

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