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lundi 17 octobre 2016

La Huitième femme de Barbe-Bleue, d'Ernst Lubitsch


Premier Lubitsch scénarisé par le duo Billy Wilder / Charles Brackett, La Huitième femme de barbe bleue est une comédie de remariage puissance huit. L'histoire est la suivante : une jeune femme (Claudette Colbert) est sur le point d'épouser un millionnaire sûr de lui, joué par Gary Cooper, lorsqu'elle découvre que son futur mari a déjà été marié sept fois. Le film raconte alors le vertige de la reproduction : la fiancée accepte le mariage en vue d'un divorce probable, rejouant volontairement le destin des épouses qui l'ont précédée. Il est amusant de constater que le personnage de Claudette Colbert prend d'abord peur non pas devant le maire ou le prêtre, mais devant le photographe officiel. C'est littéralement la perspective du cliché qui l'effraie. 

Or c'est précisément sur la répétition machinale que joue le film. A commencer par la rencontre entre Claudette Colbert et Gary Cooper dans un grand magasin. Ce dernier souhaitant acheter un haut de pyjama (sans le pantalon), les employés s'en remettent chacun leur tour à leur supérieur, dans une sorte de pyramide de l'absurde. Gag typiquement lubitschien, donnant tout de suite au film une structure en abyme. Tout le film, toute l'histoire d'amour Colbert / Cooper, est une exploration comique de la part reproductible et prévisible du couple : ils doivent jouer tout ce qu'ils ne sont pas pour découvrir qui ils sont.


mardi 11 octobre 2011

La sérié comique US : déraison et sentiments

En matière de comédie, la série américaine hésite. Elle a beau être là pour faire rigoler, elle hésite. Elle est tiraillée entre la digression comique d’un côté et le sentimentalisme de l’autre. On y trouve rarement le regard bienveillant du burlesque, la tendresse de l’absurde. Le principe de ces séries, reposant avant tout sur les dialogues, semble bien ne produire que des gars sympas ou des têtes à claque – mais difficilement l’alchimie entre les deux. C’est pourtant entre ces deux pôles du baromètre que les auteurs placent comme ils peuvent le curseur. Prenons l’exemple de quatre séries comique qui, de la plus sucrée à la plus acide, ont voulu réinventer le cocktail comique.

Voir l'article chez Encore une fois.

mardi 26 mai 2009

La Nuit au musée, 2 - l'Amérique nostalgique



La première Nuit au musée nous avait initiés à l'Amérique comme zoo historique. C'était à la fois le musée-Amérique - c'est-à-dire l'Amérique qui rassemble tous les rêves, fantasmes, lubies historiques, comme elle hébergea les premières communautés utopiques - et le musée-cinéma - c'est-à-dire la projection et la synthèse du monde et du temps historique. A vrai dire, les deux (Amérique et cinéma) sont ici indissociables.

Il y a aussi l'Amérique comme mythe démocratique et communautariste. C'est ici que l'histoire prend un tour comique, puisque sont rassemblés dans cet espace clos plusieurs empires expansionnistes. Ainsi dans le premier épisode, le cow-boy miniature se heurte à la cloison qui le sépare du centurion miniature. Chaque empire qui prétend à la domination absolue (jusqu'au méchant, qu'il soit tatar ou égyptien) se trouve ravalé au rang de communauté, au nom du relativisme culturel propre au musée. Dans La Nuit au musée 2 il y a cette drôle de réplique d'Ivan le Terrible, qui pinaille sur la traduction de son nom et prétend qu'il n'est pas si terrible. Tout se passe comme si chaque moment historique était une communauté comme une autre et avait droit à sa part de revendications.

Larry, dans tout ça, alias Ben Stiller, est le petit gars sans histoire. Idéal démocratique, lui aussi, façon Mr Smith. Sauf qu'au début de la Nuit au musée 2, il est devenu le patron encravaté d'une entreprise en pleine expansion. Voici le mythe de l'entrepreneur venu perturber les autres récits historiques. Portable greffé à l'oreille, Larry est aussi dépendant de la technologie que le sont les créatures du musée, bientôt chassées pour être remplacées par des images de synthèse. Il y a une certaine ironie à opposer la fausse résurrection historique, la technologique, à une plus vraie, la nostalgique, alors même que tout le film repose sur des créatures en numérique. D'ailleurs la fin est assez facétieuse, où l'on fait croire à des images de synthèse pour justifier la vie de ces créatures.

Bref, nous avons affaire à une Amérique en quête de sa simplicité perdue, où tous les petits empereurs, qui sont tout un chacun, retrouveraient une forme de grâce, d'harmonie à vivre ensemble. Cette naïveté recherchée, ce sont les quelques pas de danse esquissés par une créature de Degas ou le passage dans une photographie en noir & blanc, à la Rose pourpre du Caire. Et on y croit parce que c'est Ben Stiller et parce que c'est drôle, tout simplement.

mardi 24 mars 2009

Fred Astaire - du vivant plaqué sur du mécanique

C'est dans Shall we dance (L'entreprenant M. Petrov), de Mark Sandrich. Fred Astaire se retrouve au sous-sol du paquebot Queen-Ann où des musiciens-mécanos noirs jouent du jazz, au rythme des machines et de la contrebasse. Ce n'est franchement pas le meilleur numéro de claquette ni le meilleur film de Fred Astaire, mais ça vaut le coup de le voir mimer, dans sa danse, les roulements de mécanique qui font avancer le bateau. Car c'est ça, Fred Astaire: celui qui rend sa magie à la machine, comme dans un hommage amusé de l'art à la technique. Il ne s'agit pas, comme parfois chez Gene Kelly, de concurrencer la machine, de porter à sa perfection la performance physique. Non, ici les rouages sont calmement détournés dans le geste du danseur.

Les décors, les chorégraphies, la mise en scène, le scénario même, toute cette machinerie a finalement Fred Astaire pour seul point d'équilibre. Ce n'est plus le danseur qui se sert pour ses numéros de l'environnement quotidien, comme dans toute comédie musicale, mais l'univers entier qui trouve en sa personne un nouvel axe de rotation. Car il a une grâce, celle de la maîtrise: tout est léger dans ses mains, tout bouge sous ses pieds. Dans Shall we dance cette maîtrise de l'équilibre lui permet de faire croire à l'éternel acolyte, son contraire pataud (Eric Blore, qui avait environ le même rôle dans Top Hat), que le bateau est en train de tanguer. Au fond le bateau, comme dans En suivant la flotte, joue un rôle similaire au train de The Band Wagon (Tous en scène, de Minnelli): il est le symbole d'une incessante métamorphose dont les pas du danseur seraient le seul point d'appui.


Il y a une autre scène célèbre, dans l'Entreprenant M. Petrov: un numéro de danse en patins à roulette. On pourrait dire que l'idée est volée au Charlie Chaplin des Temps modernes, et ce que nous avons dit avant sur les rouages de la machine ne ferait que le confirmer. Pourtant du burlesque au musical le procédé est presque exactement l'inverse. D'un côté, selon le mot de Bergson, on a "du mécanique plaqué sur du vivant", de l'autre on a une subversion gracieuse de la technique - en d'autres termes du vivant plaqué sur du mécanique. Si les films de Fred Astaire font plutôt sourire que pleurer, ils ne suscitent pas moins l'inverse de ce que le philosophe évoquait dans Le Rire.





Nous ne parlons pas ici de n'importe quelle mécanisme ni de n'importe quelle machine. Fred Astaire évolue avant tout dans une fabrique d'illusions appelée Hollywood. Elle est là, aussi, la métamorphose - qui permet même au merveilleux de faire ses intrusions: le danseur, en maître des lieux, a la capacité de marcher sur les murs et au plafond (c'est dans Mariage royal), ou d'exécuter un numéro de claquette de concert avec des chaussures dépourvues de propriétaires (Entrons dans la danse). L'enchantement, le spectacle, l'illusion sont les éléments naturels de la comédie musicale. Aussi la plupart des personnages du genre, à commencer par Fred Astaire, sont-ils en général eux-même acteurs, danseurs ou chanteurs, et se produisent dans des shows qui constituent le corps du film. L'histoire d'amour, éternellement recommencée, entre Ginger et Fred, est une recherche de l'être aimé à travers ce dédale d'apparences (c'est le rôle des chorégraphies) et de quiproquos (c'est le rôle de l'intrigue). Et dans L'Entreprenant M. Petrov Fred Astaire finit par danser avec les innombrables répliques de sa partenaire, dont une seule, véritable sous le masque de cire, est garante d'authentiques retrouvailles. Entre ces deux-là, c'est décidément l'amour à l'ère de la reproductibilité technique.

vendredi 20 février 2009

Comédie US: le royaume des perdants (épilogue - Jim Carrey au royaume des gagnants)


Rappel: Chapitre 1 - Adam Sandler, Chapitre 2 - Ben Stiller, Chapitre 3 - Steve Carell

Il m'a toujours fait un peu pitié Jim Carrey. Quel mal-être le pousse comme ça à la surexcitation grimaçante, débordante, hors sujet? Surement déprimé. Mal dans ses pompes. Le pauvre, obligé de loucher, de tirer la langue et de se curer le nez pour attirer l'attention. Ce fut longtemps ma sentence quand on venait me raconter les situations loufoques d'Ace Ventura ou, pire, de The Mask. Jim Carrey m'énervait, mais ceux qui aimaient Jim Carrey m'énervaient plus encore.

Ensuite il y a eu de nouveaux registres. Les fameux rôles-à-contre-emploi. Alors que sous les plumes les plus raffinées fleurissait nombre critiques positives, je vis pour ma part la confirmation de mon diagnostic. Enfin on nous montrait le vrai Jim Carrey, le Jim Carrey lamentable, à bout de gesticulations: cerné par le regard des autres dans The Truman Show, ou dépecé de ses souvenirs, de son environnement, de son être dans Eternal Sunshine of the Spotless mind. Je voyais dans ces mises à nu l'aveu pathétique d'un comique courant en vain après une personnalité. L'humour nerveux au marteau-piqueur, le gag poussif, le burlesque avarié, tout ça lui était enfin confisqué. Merci Peter Weir, merci Michel Gondry.

A l'exultation sadique de voir Jim Carrey condamné aux films tristes se mêlait en moi le dégout pour cet être transgenre qui s'essayait même, sans rire, au thriller - avec Le Nombre 23, que je n'ai pas osé aller voir, peut-être aussi parce que c'est énervant de se voir préciser dans un titre que "23" est un "nombre" (comme si on disait Le Bateau Titanic ou Le Conseil Ne le dis à personne...) Je ne fus apparemment pas le seul à me livrer à ces considérations tatillonnes, puisque je ne me souviens pas d'un raz de marée au box-office.

Seulement voilà: tout a changé. Yes Man. Vendredi soir dernier, à l'UGC Georges V, Jim Carrey m'a fait rire à m'en tenir les côtes pendant 1h30. Je n'ai pas su me l'expliquer: j'ai été conquis, en une poignée de minute, par les dents en avant et les zygomatiques faciles de cet ancien blasé. Et je me suis dit qu'elle fonctionnait pas si mal cette stratégie volontariste de la mimique. Mimer le bonheur, c'est commencer à être heureux. L'histoire d'amour colle bien à cette morale de la comédie.

J'ai rigolé comme un tordu au spectacle des distorsions physionomiques de Jim Carrey. Cette constatation me plonge dans la perplexité la plus profonde quant à mon propre rapport à la vie. En fait je crois que j'ai fait mon snob pendant toutes ces années. C'est moche non? Les ai-je même vraiment vues toutes ces comédies avec Jim Carrey? Seulement quelques unes et les yeux aveugles. Il est temps de recommencer à zéro.

lundi 27 octobre 2008

Comédie US: le royaume des perdants (Chapitre 3 - Steve Carell.)

Ils sont tous losers à leur façon. Trois grandes envolées fantasques retombant comme des soufflés. Trois acteurs américains que l'on voit gesticuler sur les écrans, certains depuis longtemps - l'éternel et inexportable Adam Sandler, l'infatigable Ben Stiller - d'autres, un autre en fait, depuis quelques années seulement, sous les traits du génial patron de la série The Office - Steve Carell bien sûr.

Voici enfin le nouveau venu. Droit comme un piquet, le visage tendu - que vient fendre de temps à autre un sourire crispé, agiter dans le feu de l'action un rire forcé -, Steve Carell est connu des Américains sous les traits de Michael Scott, le patron peu charismatique de la série The Office (US). Il jouait dans Bruce Tout-puissant un journaliste victime de la farce sadique de son collègue, Bruce, alias Jim Carrey. Etre manipulé comme une marionnette dégingandé ne l'a pas empêché d'être le héros de la suite, Evan Tout-puissant. Une marionnette: comment mieux parler de ce être mécanique trop tôt livré à lui même, de cette machine grippée, dont l'inventeur aurait depuis longtemps déposé le bilan (à défaut du brevet)?

Il y a pourtant un fantôme dans la machine à faire rire: un souffle mélancolique traverse la raideur métallique. Chez Steve Carell le comique et le pathétique sont les deux versants d'un même état. D'abord parce que nul n'est plus pathétique et plus drôle que Michael Scott dans The Office: patron auquel personne n'obeit, ami que personne ne veut... C'est d'ailleurs le principe de cette série que de donner à voir et à entendre, par le biais d'une caméra faussement intrusive, tous les soupirs émanant des rouages du lieu de travail.

Steve Carell sait faire moduler le pathétique jusqu'à la dépression. On l'a vu dans Little Miss Sunshine, ou récemment dans Coup de Foudre à Rhodes Island laisser quasiment de côté le comique pour se vouer au personnage triste. C'est que le ton pathétique peut sans transition mener du rire à la déprime. Et le comique même gardera une teinte foncièrement mélancolique, celle de la machine inachevée.
Une occasion rêvée pour nous faire le coup de l'espion gaffeur. Dans Max La Menace Steve Carell a cette allure insatisfaite du personnage limité dans ses fonctions. Par exemple Max ne fait pas deux choses à la fois: il ne peut pas se soulager et espionner en même temps une conversation en Russe - le courant n'est qu'alternatif... En somme tout le talent du personnage est de laisser affleurer, dans ce genre de singeries, le fond de mélancolie qui fait du comique un révolté contre sa propre condition.

dimanche 26 octobre 2008

Comédie US: le royaume des perdants. (Chapitre 2 - Ben Stiller.)

Ils sont tous losers à leur façon. Trois grandes envolées fantasques retombant comme des soufflés. Trois acteurs américains que l'on voit gesticuler sur les écrans, certains depuis longtemps - l'éternel et inexportable Adam Sandler, l'infatigable Ben Stiller - d'autres, un autre en fait, depuis quelques années seulement, sous les traits du génial patron de la série The Office - Steve Carell bien sûr.



Le second est un peu moins abruti. Donc un peu moins sympathique. Petit, trapu, nerveux, Ben Stiller a le chic pour se laisser dépasser par les événements. Que ce soient les créatures de son musée (La Nuit au musée) ou un encombrant beau-père (Mon Beau-père et moi), sa posture comique est la plupart du temps conditionnée par la force des choses. Pire que cela, il est l'acteur involontaire, de scènes dont il maudit le scénario.


On peut avoir une idée de ce que veut dire chez Ben Stiller "acteur involontaire" en le voyant faire, contraint à la mitraillette, le bouffon sur la scène d'un petit village vietnamien, dans Tonerre sous les tropiques. Ce passage reflète en un sens l'ensemble du film, et même l'ensemble des films de cet acteur, réalisateur pour l'occasion. Ben Stiller passe son temps dans des rôles non assumés, à incarner comme contre son gré des personnages mals dans leurs frippes. Mannequin ringard dans Zoolander ou ici acteur sur le déclin, grimaçant et gesticulant pour essayer de rester à la hauteur de ce qu'il a été ou aurait voulu être, l'énergie comique de notre pitre est celle du désespoir.


Tout est dans l'expression forcée chez Ben Stiller. Forcée par les choses - ou par lui-même, pour faire face, c'est le cas de le dire, aux événements. On le voit mimer à grand peine les émotions dans Tropic Thunder, ou révolutionner la moue du mannequin dans Zoolander, comme si tout le salut de l'acteur était concentré dans la complexion du visage. On s'aperçoit, à travers ces deux films réalisés par l'acteur, que le défi revient à faire sien le rôle imposé, le personnage involontaire. On rit pourtant de la grimace mal placée, des improvisations mal senties, des mimiques vides de sens: ce qui est drôle, cruellement, c'est l'échec d'un personnage toujours dépassé, toujours à côté de la plaque.

samedi 18 octobre 2008

Comédie US: le royaume des perdants. (Chapitre 1 - Adam Sandler.)

Ils sont tous losers à leur façon. Trois grandes envolées fantasques retombant comme des soufflés. Trois acteurs américains que l'on voit gesticuler sur les écrans, certains depuis longtemps - l'éternel et inexportable Adam Sandler, l'infatigable Ben Stiller - d'autres, un autre en fait, depuis quelques années seulement, sous les traits du génial patron de la série The Office - Steve Carell bien sûr.

Adam Sandler, c'est le pantouflard adolescent de bientôt quarante ans que la force des chose a érigé en héros d'une histoire. Il a beau n'ouvrir les yeux qu'à moitié et avoir la voix d'un étudiant tiré du lit, l'Amérique en a fait son représentant - au même titre que les Mr Smith ou Mr Deed de Capra. Quand le Mr Smith version James Stewart va défendre une loi au sénat (dans Mr Smith au Sénat, 1939), le Mr Smith version Adam Sandler ira résoudre le conflit du proche orient en se faisant coiffeur-gigolo à New-York (Rien que pour vos cheveux, 2008). D'un peu béta, ce Mr Smith est devenu complètement idiot. Et pourtant, la fonction est la même: Adam Sandler reste le vecteur de fables moralistes, idéalistes au fond, avec l'humour gras pour faire passer.

Une chose a changée cependant. Le spectateur actuel n'est plus un naïf qui ira s'émerveiller ou s'insurger devant les intrigues de la ville, puisqu'il est déjà saturé de fictions et d'images, il a lui aussi ce look de pas réveillé, les yeux rivés à ses écrans. Et sa projection - artificielle et purement virtuelle - dans les personnages d'Adam Sandler sera d'autant plus fantasmée, d'autant plus impossible (il faut le voir nager, faire le dj ou le coiffeur dans Rien que pour vos cheveux...).

C'est là d'ailleurs que s'arrête la comparaison avec les films de Capra: nous parlons d'un acteur, pas d'un cinéaste. Ce n'est plus l'action et sa portée qui nous intéressent, mais le personnage en lui-même, avec sa force d'inertie et l'univers qu'il crée autour de lui. Et ici l'acteur imprime sa marque comme l'aurait fait un réalisateur. La fable passe au prétexte à l'éternelle pérégrination du même personnage: Adam Sandler, c'est-à-dire tout-un-chacun. Peut-être est-il là l'échec. Un personnage éternellement personnage rate son incarnation réelle, reste éternellement dans la paralysie du virtuel. Ça tombe bien, c'est en loser qu'on l'aime Adam Sandler.